l_instit_d_antanLes instituteurs, tels que la fonction est connue aujourd'hui, n'existent pas depuis très longtemps. Sans parler de ce maudit Charlemagne qui fit développer l'enseignement, la France n'a connu, pendant des siècles que les maîtres d’école nommés par le curé de village et servant souvent en même temps de sacristain, les précepteurs appointés par les familles riches pour leurs enfants ou les congrégations enseignantes, pour les filles surtout.

C'est la loi Guizot de 1833 qui créa un grand service public de l’instruction primaire : les instituteurs modernes étaient enfin nés, ceux que l’on surnommera après Jules Ferry les hussards noirs de la République, ces fonctionnaires chargés de faire entrer dans les têtes des enfants, par la force des coups de règles s’il le faut, la lecture, l’écriture, les mathématiques, l’histoire et la morale.

Le second Empire divisa finalement les classes primaires en cours élémentaires, moyens et supérieurs et l'idée d'un certificat d'études supérieures. Puis, la profession évolua encore sous la IIIe République. Dès 1881, deux lois vont instituer la gratuité absolue de l'enseignement primaire.En 1882, enfin, la loi Jules Ferry, totalement révolutionnaire, rendit cet enseignement laïc et obligatoire.

Si la première loi assura une scolarisation pour tous, la deuxième privilégia l'enseignement civique et moral.

Il faudra quelques décennies avant que ces valeurs républicaines ne soient remises en question et que leur dessèchement ne provoque un mal-être chez les instituteurs.
L’école de Jules Ferry reste encore pour tous un mythe, une nostalgie, le rêve perdu d’une école paisible et stable. Un autre temps, d'autres moeurs, une autre société.

Notre nouveau ministre parle aujourd'hui encore de restituer à l'enseignant ses lettres de noblesse.
                                                                                                                                                                                                                                                                                               D'après Marie Odile Mergnac