51UNoL1G1_LEn 1954, Mademoiselle Perrugi, une jeune institutrice issue d'un milieu très modeste (son père est maçon et tailleur de pierres) prend son premier poste à Ségalières, un petit bourg du Lot. Elle découvre une école à classe unique, sans eau courante et chauffée à l'aide d'un poêle à bois, une vingtaine d'élèves attachants et des parents plutôt hostiles car ils préfèrent que leurs enfants restent pour les aider à la ferme. Elle n'y restera qu'un trimestre et sera mutée sur un poste double dans un village plus agréable. Elle y rencontrera Pierre, l'amour de sa vie, maître d'école lui aussi, mais issu d'un milieu plus aisé et poète à ses heures. Il sera blessé pendant la guerre d'Algérie. Le couple passionné par son métier vivra une à une toutes les réformes qui les mèneront à ne plus se retrouver dans ces nouveautés. 
Un roman de terroir en forme de témoignage ou de biographie d'une institutrice de campagne qui se lit d'une traite pour peu que l'on s'intéresse à l'histoire de l'école française sur un demi-siècle. Le style est facile et agréable. Les problèmes rencontrés (enfants battus, autistes, auto-mutilation et autres accidents plus ou moins grave comme une fracture du crâne suite à un accident idiot) montrent bien le quotidien de ce que l'on peut toujours qualifier de plus beau métier du monde. On sent que Signol s'est beaucoup documenté sur la question ou a été particulièrement bien conseillé car on ne relève pratiquement aucune erreur notable excepté sur la fin de l'examen du certificat d'études. Malheureusement, cette jolie histoire de dévouement est un peu trop pétrie de bon sentiments et souffre d'une fin aussi improbable que fausse historiquement : la maîtresse, au moment de partir en retraite, demande à être nommée sur un poste de perfectionnement, ce qui ne se conçoit pas sans le diplôme ad hoc (CAPSAIS) et était même totalement impossible car à cette date ces classes avaient disparu pour être remplacées par des CLIS. Autre faiblesse : toutes les fameuses réformes (maths modernes, pédagogie de l'éveil, tiers temps, tronc commun, cycles etc...) passent en douceur et semblent même bienvenues, ce qui est pousser le bouchon de la bienveillance un peu loin.