Nouveau, nouveau, tout est toujours nouveau.

Nouvelle année, nouvelle promo, nouvelle équipe, nouveau dirlo

La nouveauté s'impose, l'innovation est reine,

Jamais aucune pause, une belle année sereine.

Nouveau ministre, nouveaux programmes, nouveaux cycles, nouveaux drames,

Nouveaux livrets, emplois du temps, nouvelle orthographe, nouveaux bilans,

Nouvelles notations, nouveaux lexiques, métacognition, nouveaux principes...

Mais quel est mon métier, quelle est ma mission ?

A me réévaluer en permanence, à m'adapter et adopter les gestes déjà démodés, quand prends-je le temps de savoir qui je suis.

Je me sens comme cet homme au détour d'une conversation, apostrophant l'instit que je suis, qui ne comprenait pas pourquoi son enfant passait son temps en évaluation...

Oui les défis aujourd'hui sont différents, les enfants aussi, mais ce n'est pas nouveau. Oui, il faut sans cesse se remettre en cause et se questionner. Non, nul n'a la science infuse.

J'ai fait un rêve.

Le rêve où, comme pour l'enfant, j'avis le temps, je prenais le temps de l'attention, non de la précipitation, de la mécanique ou l'habitude. Du faire pour faire.

Le rêve où, comme pour l'enfant, je redevenais alors véritablement acteur, et non plus consommateur de pédagogie, applicateur de nouvelles méthodes, marionnettes. 

Le rêve où j'avais véritablement le temps du retour, de la réflexion et de l'analyse.

Le rêve où je pouvais alors véritablement appliquer, consolider, valider.

On n'est plus dans le zapping, dans la course, dans la rustine ou la mode. On est dans l'utile, le vrai sens de la nouveauté en ce qu'il a de plus noble.

On est dans l'innovation.

 

F.B.