Vocation
Je pense avoir toujours eu la vocation pour l’enseignement. Petit, déjà, je faisais mes devoirs devant une classe imaginaire, refaisant les cours sur un tableau velleda que m’avait installé mon père.
Plus tard, je me faisais mon argent de poche en donnant des cours à des élèves presque aussi âgés que moi.
Puis, je suis vraiment passé de l’autre côté de la barrière.
Cela n’a pas toujours réellement le caractère idyllique ou onirique des aspirations ou des débuts. On ne parle pas en formation des rapports avec les parents, des élèves en difficulté, du travail en équipe, des fatigues chroniques et de l’énergie nerveuse déployée. Et l’entourage ne voit que les vacances qui devraient aisément faire passer les pilules.
J’ai eu, bien sûr, et encore aujourd’hui, des moments de doute, des remises en cause, des moments d’abattement.
Je me suis toujours juré que si mon métier devenait purement alimentaire et plus vraiment une passion, il faudrait que je le quitte.
Il faut s’accrocher parfois pour préserver le rêve et la magie de l’enseignement.
J’ai du mal encore à imaginer qu’on puisse faire ce métier uniquement pour gagner sa vie. Certains collègues ne s’en cachent pourtant pas. Je ne leur jette pas la pierre. Mais lorsqu’on touche comme nous à l’humain et des êtres en devenir, comment faire passer un minimum sans enthousiasme et passion ? Comment conserver calme et patience sans y croire ?
J’aime le mot enthousiasme, à la racine divine.